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Etihad Airways : bloquer la concurrence serait un crime

Publié le 27 mars 2015 à 13h00 par François Duclos

Après avoir défendu sa position sur les subventions aux Etats-Unis avec Emirates Airlines et Qatar Airways, la compagnie aérienne Etihad Airways était hier à Londres pour contrer les accusations européennes. Pour son PDG James Hogan qui a au passage salué le silence deBritish Airways, « investir dans la réussite n’est pas uncrime, mais bloquer la concurrence en serait un ».

Le discours du PDG de la compagnie nationales des Emirats arabes Unis le 26 mars 2015 à l’Aviation Club de Londres a fait l’objet d’un long communiqué. James Hogan a pris la parole une semaine après que les transporteurs européens et américains « ont à nouveau attaqué la croissance rapide d’Etihad Airways ces dix dernières années », déclarant que les régulateurs internationaux devraient reconnaître qu’« investir dans la réussite n’est pas un crime mais bloquer la concurrence en serait un ». « Les sombres nuages du protectionnisme planent sur l’Europe et les États-Unis, » a-t-il indiqué. « Cinq grands transporteurs essaient de tirer la couverture vers eux après des années pendant lesquelles ils ont fait à leur façon. Les personnes qui ont vraiment à y perdre si ces compagnies géantes remportent la bataille sont les millions de voyageurs bénéficiant du nouveau choix sur le marché mondial du voyage aérien ».

James Hogan a déclaré que l’actionnaire d’Etihad Airways, le gouvernement d’Abou Dhabi, avait choisi d’investir dans une nouvelle compagnie aérienne au moment où de nombreux facteurs combinés pouvaient offrir de grandes opportunités. « Il a vu les possibilités d’un nouvel ordre mondial en termes de commerce international, grâce à sa position géographique et à la technologie des avions modernes, ce qui signifiait que pour la première fois tout était à proximité de n’importe quel point dans le monde ». Le résultat : une compagnie aérienne qui s’est développée jusqu’à transporter 14,8 millions de passagers en 2014, sur un réseau qui atteint désormais 111 destinations. « Atteindre cette rapide croissance, dans une industrie avec des coûts d’entrée très élevés, a nécessité des investissements importants, » a ajouté James Hogan. « Etihad Airways a reçu des investissements de son actionnaire, le Gouvernement d’Abu Dhabi, sous la forme de capitaux propres et de prêts d’actionnaire. Nous avons toujours été clairs à ce sujet. L’actionnaire savait que ces montants seraient importants. Après tout, il était question de la création d’une compagnie aérienne nationale en 2003, plusieurs décennies après la plupart des gouvernements. Il a investi dans un secteur à forte intensité de capital, qui exige d’importants investissements dans les éléments évidents que sont les appareils et les moteurs, mais qui exige également de lourds investissements dans les éléments moins évidents : le personnel, la formation, la technologie, la construction d’un siège social – chaque chose a été créée à partir de rien ». Pour avoir une chance de succès, Etihad Airways a dû atteindre une taille et une échelle « qui pourraient rivaliser avec les réseaux des compagnies aériennes qui non seulement opéraient depuis des années, mais qui avaient également bénéficié de décennies d’investissements gouvernementaux et de soutien en termes d’infrastructure. Pour devenir un concurrent sérieux dans le transport aérien long-courrier, il y a un coût d’entrée très, très élevé. Notre actionnaire a défini des paramètres clairs pour cet investissement. La compagnie aérienne devait atteindre la rentabilité en une décennie. Et à long terme, nous devions offrir un rendement. Parce que nous avons rempli ces conditions, parce que nous avons grandi plus rapidement et avec plus de succès que nos objectifs initiaux, notre actionnaire a investi davantage. Il a investi dans la réussite. Tout comme n’importe quel autre investisseur rationnel. Notre actionnaire est peut-être national mais quand il s’agit de l’argent, il est très, très rationnel ».

James Hogan a également contesté les accusations des compagnies aériennes contre Etihad Airways : « Certains transporteurs qui nous attaquent, affirment qu’ils perdent des parts de marché. Nous avons commencé une analyse sur cette question et bien que l’étude détaillée prendra un certain temps, je peux déjà vous dire que nos études initiales suggèrent que ces allégations sont vraies. Nous l’admettons! Mais cette soi-disant perte a généré des milliers de nouveaux passagers pour ces compagnies aériennes en difficulté, grâce à notre stimulation du marché. Elles perçoivent une plus petite part, il est vrai. Mais c’est une part d’un plus grand gâteau. Et ce plus grand gâteau est la preuve que plus de gens peuvent voyager – davantage de consommateurs peuvent bénéficier d’un choix concurrentiel ». Le PDG a souligné que British Airways ne s’était pas joint aux autres transporteurs traditionnels (aux premiers rangs desquels Air France-KLM etLufthansa NDLR) pour attaquer Etihad Airways. « Il y a une compagnie aérienne globale qui ne s’est pas plainte de la nouvelle concurrence des transporteurs du Golfe – et c’est votre compagnie aérienne, British Airways », a-t-il dit ; « British Airways est une entreprise qui s’est forgée pendant des décennies de concurrence féroce sur son marché intérieur, à travers l’Europe et dans le monde. Willie Walsh ne se plaint pas lorsqu’il voit un nouveau concurrent entrer sur le marché, il combat simplement ! ».

James Hogan a conclu en disant que c’était un débat sur la concurrence. « En fin de compte, la concurrence est ce que désire le marché. C’est certainement ce que veut le client. Les gens veulent avoir le choix quand ils voyagent. Ce choix signifie qu’ils savent que tout s’améliore constamment. C’est la même chose que vous soyez à Abou Dhabi, à Londres, Manchester ou Edimbourg. C’est certainement ce que veut l’économie en général. Les routes aériennes stimulent le commerce et le tourisme. Le commerce et le tourisme stimulent la croissance économique. Chaque route aérienne vaut plusieurs dizaines ou centaines de millions de livres sterling d’impact économique. Nous savons que c’est vrai à l’aéroport d’Abu Dhabi, tel que l’analyse économique détaillée l’a démontré. Mais c’est également vrai dans chaque destination vers laquelle nous volons, c’est la raison pour laquelle Manchester était si désireuse d’encourager notre deuxième vol quotidien. C’est la raison pour laquelle Edimbourg se réjouit que nous commencions nos vols quotidiens directs cette année. C’est la raison pour laquelle Heathrow se réjouit que nous lui apportions notre Airbus A380, sur chacun de nos trois vols quotidiens d’ici la fin de cette année. Et ce devrait être ce que les compagnies aériennes veulent. Dans presque tous les cas, la concurrence augmente la taille du marché. Peut-être que nous remportons tous une plus petite part, mais si le gâteau est plus gros, alors tout le monde profite ».

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