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Concept inapproprié. Le ministre des Transports et des Travaux publics, Boudjema Talai, a annoncé, lundi dernier au forum de la Radio nationale «Chaîne 1», que son département «était en cours d'étude d'un projet de ligne de transport urbain, exploitant des bus à haut niveau de service (Bhns), qui devrait relier le centre d'Alger (rampe Tafourah) à l'aéroport international Houari Boumediene, via la Grande mosquée d'Alger». Il a ajouté que ce «projet s'inscrivait dans le cadre des solutions proposées pour désengorger le côté est d'Alger, notamment après la réception de la Grande mosquée d'Alger». Il a même décrit l'itinéraire de ces Bhns. Ils passeront, a-t-il dit, par la voie rapide du front de mer (route de l'ALN). S'adressant au grand public et non à des experts, il a cependant omis d'expliquer ce qu'est un Bhns. Il a tout simplement précisé que «ce système de transport a été introduit en 2000 dans plusieurs pays européens, notamment dans les grandes villes». Or, il existe depuis les années 1970 en Europe. Bien avant aux Etats-Unis où le concept est né. Les années 2000 ont plutôt marqué son adoption par un plus grand nombre de villes européennes. Les Algériens qui ont été en Turquie ont dû voir le Bhns d'Istanbul. Passons maintenant à ce qu'est un Bhns. Ce sont des bus qui utilisent des voies réservées sur autoroute (couloirs, viaducs ou tunnels ou guidés (sur rails comme le métro) avec des caractéristiques de service qui vont de la haute fréquence de passage à l'accès de plain-pied pour les handicapés en passant par un temps de trajet garanti et un système d'information de qualité pour les usagers. On voit bien que cela n'a rien à voir avec la navette de l'Etusa qui reliait, dans un passé récent, Alger-Centre à l'aéroport Houari-Boumediene. Sur l'aspect technique, le ministre ne dit rien. Sur la qualité du service non plus. En admettant que ces deux conditions puissent être remplies tenant compte des restrictions budgétaires d'une part et d'une gestion pointue et durable des services d'autre part, le problème se pose dans le profil des voyageurs à qui est destiné ce Bhsn. Talai le reconnaît lui-même quand il dit que «La gestion de 120.000 fidèles de la mosquée à certaines heures de la journée n'est pas une mince affaire». Il évite toutefois d'ajouter que les autres passagers qui se rendent à l'aéroport sont généralement encombrés de bagages avec, au bout du trajet, des avions qui n'attendent pas les retardataires. Garantir la qualité à ces deux types de passagers à la fois, dans un même Bhns, relève d'une prouesse que même les Américains n'ont pas encore atteint. Sur un autre plan et vu la capacité d'un bus, combien de bus faudra-t-il faire démarrer au moment de l'appel à la prière? A terme, le métro ira jusqu'à l'aéroport. Ce qui règlera le problème du Bhns pour ce type de passagers. Quant à la desserte de la Grande mosquée, seuls le train ou le métro peuvent répondre à la capacité exigée du trafic. Talai a raison, gérer 120.000 voyageurs qui affluent aux mêmes moments «n'est pas une mince affaire». C'est plus gros qu'un Bhns!

 

L'Expression DZ : Talai et les solutions hasardeuses

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