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Il est urgent de transformer Air Algérie en une entreprise commerciale. New Press

Il est urgent de transformer Air Algérie en une entreprise commerciale. New Press

Les révélations fracassantes du CCTA sur Air Algérie

 

     Le Collectif contre la cherté du transport aérien (CCTA), basé en France, appelle les autorités algériennes à ouvrir l’espace aérien à une véritable concurrence et à mettre un terme au monopole d’Air Algérie et ses «pseudo concurrents». Le CCTA n’est pas à sa première interpellation des hautes autorités du pays sur les prix excessifs, voire indécents appliqués par Air Algérie sur les lignes reliant l’Algérie à la France. Des tarifs imposés à toutes les autres compagnies.

Pour le CCTA, qui intervient au moment où le débat s’installe sur l’avenir d’Air Algérie – traitée de «khourda» par le ministre des Transports, Boudjema Talai, – «il est temps que les autorités algériennes ouvrent les espaces aérien et maritime à la concurrence réelle sans exclure les compagnies lowcost étrangères, afin de favoriser et développer les échanges économiques, culturels et familiaux à l’intérieur même de l’Algérie et entre l’Algérie et les autres pays». Ce collectif estime que le développement du transport aérien est un pas décisif dans la relance si nécessaire et urgente du secteur du tourisme en Algérie.

Le CCTA dénonce la situation actuelle du transport aérien et maritime, due à l’absence d’une véritable concurrence. Selon ce collectif, deux compagnies aériennes, Air Algérie et Aigle Azur, contrôlent près de 90% du trafic aérien entre l’Algérie et la France. Elles sont présentent de manière exclusive sur plus de 92% des aéroports internationaux algériens, ajoute ce collectif, qui dénonce l’accord bilatéral franco-algérien relatif aux services de transport aérien qui «exclut toute concurrence loyale» en ce sens que les prix sont fixés entre les compagnies au moins 30 jours avant la date prévue pour leur entrée en vigueur. Le CCTA se réfère dans ce sillage à l’article 14 dudit accord qui fait que les compagnies s’entendent sur les prix, ce qui est interdit par la loi sur la concurrence. C’est ainsi donc que le prix du billet entre les deux pays atteint 800 euros en période estivale.

Le CCTA met en avant également la non-viabilité économique d’Air Algérie qui n’a pas pu acquérir ses nouveaux aéronefs sur ses fonds propres. Ce collectif considère ainsi inacceptable qu’une compagnie qui vit du budget de l’Etat pratique les prix de transport les plus chers au monde. Air Algérie, poursuit ce collectif, n’arrive pas à engranger des bénéfices malgré ses parts de marché qui s’élèvent à 54% entre la France et l’Algérie. Mais, regrette ce collectif, jamais les responsables de la compagnie n’ont rendu des comptes, ni les pertes d’Air Algérie n’ont été rendues publiques.

Le cas du départ de Mohamed Abdou Bouderbala sans présenter de bilan a été cité. Son prédécesseur, Mohamed Salah Boultif, n’avait pas non plus présenté son bilan. «Pire encore, il est parti avec un chèque d’un milliard de centimes et une voiture de fonction !», dénonce le CCTA, pour lequel les caisses de la compagnie, qui doivent être bien remplies, sont vides.

Même le Premier ministre Abdelmalek Sellal a admis les difficultés dans lesquelles se trouve Air Algérie. Aussi, le ministre des Transports, Boudjema Talai, avait reconnu que deux salariés sur trois d’Air Algérie sont inutiles. Plombée par une masse salariale de près de 10 000 employés et handicapée par des agences commerciales en surnombre (34 à l’étranger, dont 7 en France, et 30 agences rien que dans la wilaya d’Alger), Air Algérie bat de l’aile, s’inquiète le CCTA, qui fait état de cadres «parachutés», notamment dans ses agences à l’étranger.

Le CCTA parle également de salaires excessifs et d’avantages colossaux pour une certaine «catégorie» de salariés. A titre d’exemple, la masse salariale des commandants de bord s’élève à 30 000 000 de dinars par an. A cela s’ajoutent les nombreux billets gratuits distribués à plusieurs catégories de «fonctionnaires», une gestion opaque des ressources financières, le maintien de nombreuses lignes déficitaires à l’international pour le confort de quelques «privilégiés», les vols récurrents de bagages et d’objets et le «chantage des syndicats qui empêchent Air Algérie de se moderniser».

Pour mieux illustrer cette situation, le CCTA fait une comparaison entre Air Algérie et la compagnie aérienne irlandaise Ryanair. «Air Algérie dispose d’un effectif de 9 400 salariés et Ryanair 9 000. Air Algérie a 40 aéronefs contre 270 pour Ryanair. Air Algérie transporte annuellement 3,5 millions de passagers et Ryanair 72 millions», indique le CCTA, pour lequel la crise que traverse Air Algérie n’est pas conjoncturelle, mais bien structurelle. Cette crise est «liée aux fondements même de son organisation et son fonctionnement», insiste le CCTA, qui estime «urgent d’en finir avec cette gestion familiale de la compagnie et de la transformer en une entreprise commerciale».

Hani Abdi

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