Objet : Lettre à remettre au Premier Ministre algérien Abdelmalek Sellal
Monsieur le Président,
Le Ministre des affaires étrangères, Monsieur Laurent Fabius, a affirmé récemment que "la relation entre la France et l’Algérie est excellente".
Nous aurions aimé qu’il en soi de même entre la communauté algérienne établie à l’étranger (ou le peuple algérien en général) et les autorités algériennes.
Nous apprenons que le Premier Ministre algérien, Monsieur Abdelmalek Sellal, est en visite à Paris du 04 et 05 décembre 2014.
Nous vous prions, Monsieur le Président, de bien vouloir lui transmettre le courrier, ci-joint, contenant nos revendications urgentes.
En effet, il semblerait que les centaines de courriers et mails que nous lui avons transmis ne lui soient jamais parvenus.
Par souci de transparence, nous laissons volontairement le courrier ouvert. Cependant, nous vous prions de ne pas trop en rire ...
Nous sommes conscients, et avons même honte, qu’en 2014 nous en sommes encore à réclamer des droits élémentaires et basiques que tous les États dignes de ce nom garantissent à leurs citoyens depuis plusieurs décennies, voir des siècles.
Nous réclamons uniquement le droit de payer, pour voyager entre la France et l’Algérie, le juste prix du billet d’avion et de bateau, le respect des droits du client, etc.
La diaspora algérienne, insatisfaite des prestations et des tarifs faramineux proposés par les compagnies nationales du transport (aérien et maritime) et leurs pseudo-concurrents, refuse d’être leur otage.
Les nombreuses manifestations à Paris, devant l’Ambassade d’Algérie et le siège de la compagnie Air Algérie, sont l’expression d’un ras le bol permanent.
Ces difficultés et d’autres rencontrées par les algériens vivant en Algérie (pénurie du lait et des pommes de terres, absence de canalisations des eaux pluviales, etc.) ont placées les revendications importantes au second plan : droit à la santé, l’indépendance de la justice, la démocratie, les droits de l’homme, la liberté d’expression, le droit de manifester ...
Pardonnez-nous pour le dérangement, mais la politique du mépris adoptée par nos responsables nous oblige à passer par des intermédiaires, vous notamment.
Sachez, Monsieur le Président, que si la France avait exporté en Algérie son savoir-faire en matière de développement économique, technologique et social, à la place de son savoir-faire en exploration et exploitation du gaz de schiste (qu’elle refuse d’exploiter sur le sol français), nous ne serions pas arrivés là.
Par ailleurs, si la France avait plutôt proposé un partenariat loyal dans le domaine de la santé avec les pays du tiers-monde, au lieu de distribuer des "visas pour soins" sans se poser des questions sur la légitimité des bénéficiaires des prises en charge, ni sur l’aspect
néfaste de ces visas dans la dégradation du secteur publique de la santé, plusieurs dizaines de milliers d’étrangers (notamment des algériens) ne seraient jamais venus illégalement en France.
En conséquence, ils n’auraient jamais donné l’occasion aux ratés de la politique française de stigmatiser les immigrés en exploitant le dossier de l’AME (Aide Médicale d’Etat) pour en faire un fond de commerce électoral.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, nos sincères salutations.
Article sur la lettre :
http://algeriepatriotique.com/article/transport-vers-l-algerie-le-ccta-s-adresse-francois-hollande
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