Le projet de loi modifiant et complétant la loi 98-06 du 27 juin 1998, fixant les règles générales relatives à l’aviation civile, a obtenu, hier, le quitus de la majorité des parlementaires. A l’exception des députés du Parti des travailleurs (PT) qui ont voté contre, les autres ont tous applaudi ce texte qui a pourtant subi des critiques acerbes de la part de cette même majorité lors de sa présentation par le ministre des Transports, Amar Ghoul.
Les députés FLN et RND ont descendu en flammes la compagnie aérienne Air Algérie et la tutelle. Les motifs d’insatisfaction sont, entre autres, la cherté des billets, les retards et les grèves, le manque de communication, le mépris du personnel naviguant. En somme, ils ont dénoncé la mauvaise gestion d’un secteur «miné par des lobbies qui dictent leur loi». Cependant, hier, lors de la séance plénière consacrée au vote de ce projet, discipline oblige, les élus FLN et RND ont dit «oui» au texte du gouvernement.
Contre tout attente, les partis de l’Alliance de l’Algérie verte, à leur tête le MSP, ont surpris par leur position : ils ont qualifié le texte de «presque parfait» et ont ménagé Amar Ghoul. Les députés du PT, quant à eux, ont rejeté le texte. «Nous maintenons nos inquiétudes sur les risques que constituent les modifications apportées à la loi 98-06 d’abord par le recours abusif à la voie réglementaire pour codifier un secteur névralgique relevant de la sécurité nationale, qui exige une clarté absolue et une réglementation rigide, et aussi par l’introduction d’articles ouvrant la voie à la privatisation de missions jusque-là relevant du seul domaine de l’Etat», explique le groupe parlementaire du PT.
Les réserves du CCTA
Ce dernier rappelle que l’ouverture du secteur du transport aérien au privé a été un échec. Les députés de ce parti ont cité l’épisode Khalifa Airways qui avait mis en danger, selon eux, l’existence même de la compagnie nationale Air Algérie. Ce projet a fait réagir également le Collectif contre la cherté du transport vers l’Algérie (CCTA) qui a critiqué cette loi qui fixe «de manière floue et incomplète» les règles de l’aviation civile.
Le Collectif estime que le ministère des Transports «ne peut pas être tuteur d’Air Algérie» et l’autorité qui se charge de l’application de ces nouvelles dispositions. «Le ministère n’est même pas capable d’assurer un site web fonctionnel. Il faut absolument une structure administrative indépendante, créée spécialement pour traiter des problèmes liés aux relations client-compagnie et les conflits qui peuvent éventuellement surgir entre le passager et la compagnie.» L’Algérie, selon le CCTA, est aujourd’hui la destination la plus chère au monde et ce projet ne répond pas aux attentes des Algériens de l’intérieur ni à ceux de l’étranger.
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